feed-back a L’invasione dei supernormali
PICCOLI FEED-BACK A L’INVASIONE DEI SUPERNORMALI
in francese (scusate)
0) citation de Étienne de La Boétie, in Discours de la servitude volontaire : ” À vrai dire, il est bien inutile de se demander si la liberté est naturelle, puisqu’on ne peut tenir aucun être en servitude sans lui faire tort : il n’y a rien au monde de plus contraire à la nature, toute raisonnable, que l’injustice. La liberté est donc naturelle ; c’est pourquoi, à mon avis, nous ne sommes pas seulement nés avec elle, mais aussi avec la passion de la défendre. Et s’il s’en trouve par hasard qui en doutent encore - abâtardis au point de ne pas reconnaître leurs dons ni leurs passions natives -, il faut que je leur fasse l’honneur qu’ils méritent et que je hisse, pour ainsi dire, les bêtes brutes en chaire, pour leur enseigner leur nature et leur condition. Les bêtes, Dieu me soit en aide, si les hommes veulent bien les entendre, leur crient : ” Vive la liberté ! ” Plusieurs d’entre elles meurent aussitôt prises.
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1) épitaphe du monument aux morts de Ground Zero à New York : ” Aux héros du 11 septembre 2001. ” Les victimes de la vie courante, les gens les plus normaux sont donc devenus des héros.
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2) citation de Bertold Brecht in La Vie de Galilée : ” Malheureux le peuple qui a besoin de héros ! ”
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3) Clark Kent, dans la série Smallville, dont le seul rêve est d’être normal ” trop normal “, et de réussir à faire sa vie avec sa petite amie, au sein de la ferme familiale, alors qu’il est destiné à devenir Superman. Ou les X-men, recueillis mais aussi bien retenus dans une ” Fondation ” spécialisée, puis menacés de discrimination par le nouveau Président élu des Etats-Unis.
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4) Raymond Poulidor. Héros bien réel et bien français de la ” légende dorée du cyclisme “. Tout le monde en France le connaît pour avoir été ” l’éternel second du Tour de France”, eterno secondo… Il a été et il reste pour toujours ce rival rivé à la roue d’Anquetil d’abord, de Merccks et d’Ocana ensuite. Ce cycliste fut le plus populaire de France durant les années 60 et 70. Il n’a jamais gagné le Tour, et il n’a même jamais porté le maillot jaune. Pourtant, tout le monde l’aimait, et c’est son nom qui était le plus souvent écrit sur l’asphalte des routes, et crié sur leurs bords (Allez Poupou !) En fait, ce type a toujours représenté le champion idéal pour nous. Sans doute l’un des meilleurs de sa génération, mais incapable de gagner de grandes courses, d’être le tout premier, de gravir l’ultime marche sur le podium. On a même pu dire à l’époque que sa popularité relevait purement et simplement d’une identification massive du peuple français, la part d’ombre du mythe national Bref, un héros supernormal du vélo.
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5) Zinédine Zidane. Juste avant le mondial, il avait déclaré qu’il arrêterait sa carrière juste après celui-ci. Il avait prévu de ne plus jouer, et il savait déjà que, sur un mode idéal, la finale serait le dernier match officiel de sa carrière. Il avait même obtenu du Real, le privilège de monnayer sa dernière saison contractuelle contre un an de bons et loyaux services didactiques auprès des benjamins du club. Sa statue y gagnant une auréole supplémentaire. Son but avoué était bien de ” Retrouver une vie normale, une vie familiale dans sa maison de Madrid ” (sic). Mais il y a eu l’épisode Materazzi, et le coup de boule qui a fait chuter l’auréole. Dans la foulée, rumeurs et moralisations à tous les étages sociétaux. À la télé et dans la presse, tout d’un coup, on parle du coup de boule, mais on ne voit plus aucune publicité à son effigie. En attendant le pseudo-jugement de Salomon de la F.I.F.A, son image étant ternie il est donc suspendu. C’est donc logiquement que, au lieu de surfer sur l’effet coupe du monde ses sponsors (Orange, Assurances Générales, Danone, Addidas) sortent soudain des campagnes et des spots dont il est exclu. L’ex-meneur de jeu français est mis en quarantaine, à l’index, en enfer dans tous les médias. On l’annonçait membre du conseil d’administration de Danone, l’information est démentie. Et last but not least : le quotidien espagnol AS explique début septembre que Zidane aurait refusé de toucher les indemnités prévues pour sa dernière année au Real. Moralité : dans le monde du football-buziness, un coup de tête de hooligan coûte ni plus ni moins que 6 millions d’euros. Le prix du retour à la normale, sans doute.
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6) Joseph K. Dans Le Château, la croix de la normalité est d’abord masquée, mais elle est là : ” La colline du château était invisible, elle était plongée dans le brouillard et les ténèbres, pas la moindre lueur n’indiquait le grand château.” C’est cette présence-absence, à la fois horizontale et verticale qui le crucifie. Comme la pseudo-culpabilité dans Le Procès, Joseph K. intègre les structures jusqu’à la bouc-émissérisation. Sa rébellion passera par une normalisation volontaire, par un accès au logement, au travail, aux relations humaines et à la sexualité. Dans Le Château, K. veut se faire une place. Mais parce qu’il s’en pose à lui-même, il ne peut s’empêcher de poser des questions. Sa présence même, son corps étrange et étranger dans ce paysage posent question. Les faits et gestes de K. mettent le doigt là où ça fait mal, un endroit du corps social où personne ne sent plus la douleur. Les règles coercitives sont devenues des analgésiques, et K. peut apercevoir dans les autres personnages, une figure anticipée de son propre destin. Un destin d’écrivain supernormal. Habitant du château de l’écriture, Kafka ne fait que plonger du haut de son crâne vers les cimes écrabouillées du réel pour y cueillir ses images et ses personnages ; ses écritures. Et lorsqu’il remonte dans les airs, tournoyant autour de son propre cadavre, c’est à la manière d’une âme réincarnée en vautour. Retour à La Boétie…
 Alano