Domenica, 31 Ottobre 2010
 
Bambole piĂą alte di 30 centimetri
Così l’industria si riprende i bambini
Gli uffici marketing dei produttori di giocattoli lanciano l’allarme: dei pupazzi piĂą bassi di 15 centimetri ci si stanca presto. E, in vista del Natale, corrono ai ripari con nuovi prodotti alti piĂą di mezzo metro
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Attenzione, arrivano le super-bambole!
Per bambini super-normali, per oltre-bambini, per adolescenti-bambini?
Il marketing-pensiero offre riflessioni interessanti…
Per esempio sull’allevamento “ormonale” delle nuove generazioni.


Venerdì, 15 Ottobre 2010
Des taupes dans désert de la Providence,
Considérations sur quelques fantômes médiatiques.

Le propre de chaque chose doit être cherché. Le propre de la puissance est de protéger.
Blaise Pascal, Pensées, V. 310.
L’aventure des 33 mineurs chiliens de la mine de San Jose, au nord de CopiapĂł, dĂ©sert de l’Atacama, prisonniers d’éboulements Ă quelques 700 mètres de profondeur, ne pouvait qu’entraĂ®ner un mouvement de sympathie de la part du village global. Sympathique sympathie, masquant Ă peine un autre sentiment naturel : l’empathie. Entre le 5 aoĂ»t et le 14 octobre 2010, au fil de 70 journĂ©es-Ă©pisodes —taxĂ©s par le USA Today de « meilleur reality-show de l’histoire »—, nous serons donc passĂ©s du souffrir avec, moral, individuel et quasi pavlovien au : souffrir dedans, spĂ©culaire, collectif et mĂ©diatique. Plus de 2000 journalistes, des relais TV dans le monde entier avec, pour certaines chaĂ®nes, 30 heures de live au moment de la sortie… Tout Ă©tait bien en place afin que, Ă l’image d’une Hillary Clinton littĂ©ralement “scotchĂ©e derrière son Ă©cran !”, nous soyons tous, ensemble et sĂ©parĂ©ment, requis par un tel spectacle religieux ; une « histoire qui se termine bien » par une rĂ©demption treuillĂ©e revenue des enfers. Tel un accouchement douloureux, le show minier s’est ainsi dĂ©roulĂ© devant nos yeux peu Ă peu embuĂ©s de larmes, et ce jusqu’à la dĂ©livrance finale digne d’un happy end hollywoodien. Le feuilleton —qui inspire sans doute dĂ©jĂ nombre de romanciers et de scĂ©naristes en mal d’imagination— aurait pu, aurait dĂ», ĂŞtre sous-titré : Les Illusions perdues. Si la telenovela chilienne, pour partie mise en scène par les conseillers en communication du PrĂ©sident Sebastian Piñera, n’a pas grand-chose Ă voir avec le roman de Balzac, elle lui concède pourtant, in extremis, un point commun en la figure fantomatique de la Providence. Dans le roman dix-neuviĂ©miste, celle-ci prend les traits hĂ©roĂŻques du redoutable Vautrin, vĂ©ritable deus ex machina que l’on retrouvera par ailleurs au travers de La ComĂ©die Humaine. Sur le carreau de la mine chilienne en revanche, ces traits sont ceux elle d’un vrai-faux sauveur politico-mĂ©diatique en mal de reconnaissance populaire dans son pays. Cet homme, ce « Berlusconi chilien » collectionneur de chemises en soie et de chaussures de marque italiennes s’est, dès lendemain de la catastrophe, dĂ©clarĂ© prĂŞt Ă tout pour sauver les 33 mineurs qui, après avoir Ă©tĂ© Ă rĂ©duits Ă l’état le plus down d’hommes-taupes, s’apprĂŞtent dĂ©sormais Ă courber l’échine sous celui le plus high de hĂ©ros nationaux ; le drapeau tricolore en guise de cape supernormale, pour faire rĂ©fĂ©rence Ă la conceptualisation de Pierangelo di Vittorio.
Mais bien que vêtu d’une veste rouge de quasi secouriste, le président élu dissimule assez mal la tunique mitée de l’État Providence dont, avec son frère José et tous les Chicago Boys du Chili et des Amériques, il fut et reste un patenté pourfendeur au profit du néolibéralisme ; au profit du profit des élites dirigeantes.
Aujourd’hui, le Chili tout entier pleure de joie et d’Ă©motion” (…) Je me sens plus fier que jamais d’ĂŞtre chilien et d’ĂŞtre prĂ©sident du Chili, je me sens plus fier que jamais de notre peuple et je crois que nous ne pouvions mieux commencer ce mois oĂą nous cĂ©lĂ©brons le bicentenaire de l’indĂ©pendance du pays (…) Ceci reflète ce qu’un pays peut rĂ©ussir quand il est uni.”, in Le Monde.fr du 13 octobre 2010.
Dans les années 90, l’Occident ayant relevé la tête après les crises pétrolières, aura consommé les restes du Welfare State sur les ruines fumantes du mur de Berlin. Un à un les phalanges et les os, les tissus musculaires et les articulations, c’est bientôt tout le bras gauche de l’État qui sera démantibulé par le lent boa constrictor et réactionnaire des pouvoirs séparés. Malgré les révulsions populaires et les hoquets des opposants, sous l’effet d’un narcoleptique tout ce qu’il y a de plus démocratique, ce n’est rien moins que la République qui, à ses fondations et de toutes parts, prend l’eau. Chaque soir, sur le rebord de notre assiette, nous est servi la viande avariée de la carcasse publica ; feu le Progrès Social sur la table de dissection avec, en fond sonore et coloré, les Nouvelles du monde…

La Providence —seule puissance capable de contrarier celle du Destin— n’est pas stricto sensu de couleur chrĂ©tienne, mĂŞme si la lĂ©gende dĂ©bute par une errance ; la recherche d’un abri. DĂ©coulant en droite ligne de la manne de Dieux paĂŻens, de leur force morale exemplaire la providence pouvait, dans la Rome antique, gagner jusqu’aux meilleurs d’entre les Hommes et les aurĂ©oler aussi bien que la gloire des batailles. ParĂ©s du divin attribut dans une main, rĂ©gnants et puissants Romains pouvaient ainsi, de l’autre, prodiguer leur monnaie clientĂ©liste et faire de la RĂ©publique un grossier commerce des corps et des âmes. La monnaie est un rituel d’échange sur l’avenir. C’est une foi partagĂ©e dont l’évaluation prolifère en système d’équivalence“, Ă©crit Pascal Guignard. Ces Ă©quivalences ont fait long feu, qui telles des galeries de mine se sont Ă©croulĂ©es sous les coups de boutoir d’une pulsion politique aussi carnassière que vindicative, dont la crise dite des supprimes n’a fait qu’infliger au monde les premiers stigmates. (En France, singulièrement, on ne peut s’empĂŞcher de croire que les tenants de cette mĂŞme politique, pris d’une ivresse sans frein ne rĂŞvent Ă toute force que de pouvoir remonter les arcanes du temps et, tels des chevaux Ă la charge, Ă©teindre Ă rebours et sous eux tout ensemble le programme du Conseil National de la RĂ©sistance, les avancĂ©es du Front populaire et ainsi de fuite jusqu’à juillet 1789, dans une forme dĂ©mentielle de Restauration permanente et ce, quitte Ă recoller Ă la glue la tĂŞte de ce pauvre Louis XVI sur son tronc.) Jadis, les rois thaumaturges —d’un seul et mĂŞme mouvement descendant de leur trĂ´ne comme de Dieu—, allaient au peuple  toucher les Ă©crouelles. Aujourd’hui, nous rechargeons notre Carte Vitale Ă la pharmacie du coin, tapant du bout des doigts un code aussi vert qu’un Ă©ternel printemps. Dans les deux cas, seuls les mĂ©ritant apparaissent dignes d’être soignĂ©s voire, sauvĂ©s. Depuis toujours, les criantes injustices ne croissent que sur le squelette d’un destin qui a bon dos. Mais jamais depuis les avancĂ©es dĂ©mocratiques et sociales du XXème siècle, le haut de la pyramide n’aura paru si Ă©loignĂ© de la base de la sociĂ©tĂ©. Et de se souvenir, ici, que du fait de ses pĂ©chĂ©s capitaux, mĂŞme Philippe 1er de France fut frappĂ© d’anathème par le pape Urbain VII, le privant du droit Ă la Croisade comme aux pouvoirs thaumaturgiques.
ChevillĂ©e Ă l’âme et par laquelle chacun d’entre nous pense sincèrement qu’il mĂ©rite d’être sauvĂ© seule demeure, l’EspĂ©rance. Nous lui devons de croire qu’on a toujours le droit d’être Ă©pargnĂ© du mauvais sort, de tous les alĂ©as de l’existence qu’il s’agisse de maladie, de chĂ´mage, de violence  ou de disparition. Nous avons, Ă juste titre, le sentiment plus ou moins fort d’être assis sur un trĂ©sor insensĂ©, inexploitĂ© et abandonnĂ© Ă savoir : Nous-mĂŞmes !  soit une belle et folle quantitĂ© de rĂ©alitĂ©s et de rĂŞves, dont mieux que des toiles de Jacquard nous sommes savamment tissĂ©s. Seul le bonheur nous semble toujours dĂ». La douleur ni la peine, jamais. Ainsi sommes-nous encore et toujours les frères de sang et de sens de ces lĂ©preux et autres pestifĂ©rĂ©s qui, autrefois, grouillaient en masse Ă l’ombre sacrĂ©e du grand chĂŞne de Saint-Louis. L’Atacama en soi, nous sommes tous dans le dĂ©sert. Nous sommes tous des mineurs de fond ayant peur de mourir Ă©touffĂ©s sous les Ă©boulements de la vie quotidienne, sous les effondrements boursiers successifs, les crises systĂ©miques Ă rĂ©pĂ©tition et les coups de marteau d’une politique mortifère dont les rĂ©formes successives et socialement injustes, nous Ă©loignent des nefs et des rives , tels des tsunamis au ralenti. Depuis le radeau de la MĂ©duse de la vie quotidienne, on voit l’horizon qui s’enfuit Ă notre approche. Sans plus d’espĂ©rance en le secours juste et fiable de l’État, nous ne formons pas plus de peuple qu’un ban de sardines enroulĂ© sur lui-mĂŞme. DĂ©jĂ nous ne voyons plus que des groupes et des clans, des rĂ©seaux et des individus fermĂ©s sur eux-mĂŞmes comme ailleurs rues quartiers et  citĂ©s, ne pouvant plus partager rien que des images tĂ©lĂ©visĂ©es antipodiques dont la date de pĂ©remption est dĂ©jĂ bien entamĂ©e. Nous vivons une Ă©poque de Damoclès, dont nous sommes tout Ă la fois les orfèvres et les tyrans. Ne nous manquent plus au cou que ces Ă©crouelles mordorĂ©es dont se dĂ©lectent les vampires… Sur la vase molle et brillante de “l’histoire chilienne” courent les rhizomes, les fantĂ´mes et les peurs qui nous hantent. La fin de l’état providence c’est l’équivalent de la mort de Dieu. Ce que nous avons vu, ce que nous avons aimĂ© voir se dĂ©rouler et puis finir sur nos Ă©crans, c’est ce qui a disparu. C’est ce qui n’existe plus. Le fantĂ´me d’un autre monde.